Paroisse Notre-Dame de l'Assomption

Woluwe-Saint-Lambert

Paroisse Notre-Dame de l'Assomption

Woluwe-Saint-Lambert

Novembre 2019

Déjà 3 ans de présence avec vous. L’occasion de quelques questions et de quelques ouvertures.

Q. : Voici 3 ans que tu es responsable de la paroisse Notre-Dame de l’Assomption. Quelles sont tes impressions, P. Laurent ?

L. : Voilà trois ans en effet que la fraternité des religieux de l’Assomption a reçu la charge de cette paroisse. C’était une première pour moi et je découvrais son fonctionnement, ses « instances », puis les personnes en responsabilité, à commencer par Adèle, la sacristine. Le courant est vite passé, je pense. On s’est assez vite apprivoisé, et j’ai été accepté. Il faut reconnaître que la paroisse était en attente d’une certaine stabilité. Au niveau de l’animation, j’avais la chance de pouvoir disposer d’équipes rôdées : un conseil pastoral, des catéchistes, une chorale, une équipe pour s’occuper des enfants, etc. Que demander de plus ! Il me suffisait d’annoncer la Parole et de donner Jésus.

Q. : Tu as pris quelques initiatives depuis…

L. : La plus importante, et peut-être la seule, fut d’orienter autrement la liturgie, afin de susciter une plus grande communion entre nous. Je pense que c’est apprécié. Le fait de mieux nous connaître, de nouer des relations fraternelles, c’est important. Il y a un témoignage à rendre à ce niveau-là. Nous avons tenté de lancer quelques rencontres d’ordre spirituel, mais cela n’a pas pris. C’est peut-être trop tôt, et puis, il faut laisser faire, laisser les besoins arriver par eux-mêmes. Les choses arrivent en leur temps. Il ne faut pas les brusquer.

Q. : Comment vois-tu l’avenir de la paroisse ?

L. : Question audacieuse… Je suis étonné d’une chose : l’Église vit des moments plus que difficiles : la révélation des scandales, la défection généralisée… Or je n’ai pas l’impression que cela affecte notre communauté. Nous éprouvons toujours la même joie à célébrer ensemble. La messe du dimanche peut durer plus que la normale, on ne rouspète pas. Comment expliquer cela ? Je ne pense pas que nous soyons indifférents aux événements qui secouent l’Église et la société. Mais on dirait que la messe dominicale est comme une bouffée d’air qui fait du bien. On ne le clame pas, on ne dit pas : « venez voir comme on est bien », non ! Mais on vit ce moment comme une grâce offerte. Et cela nous suffit. C’est un plaisir qu’on se donne ! J’ose parler ainsi.

Q. : Mais peut-on se satisfaire de cela ?

L. : Sans doute pas… Mais ça nous est donné. On ne va pas faire la fine bouche ! Sur quoi cela va-t-il déboucher ? Cela fait quelque temps que je reprends les mots du pape François qui définit les chrétiens comme des disciples-missionnaires. Il insiste sur cet aspect : des missionnaires ! Mais encore une fois, les temps sont difficiles, la vie est difficile. Et les propositions que nous fait la société ne sont pas des plus encourageantes. Finalement, il ne faut pas nous étonner si nous cherchons des lieux réconfortants, des lieux où une parole de vie, d’amour et d’espérance puisse être entendue, des lieux où nous puissions nous identifier comme chrétiens. C’est même vital ! La messe dominicale c’est un peu une oasis dans nos déserts. C’est un lieu de ravitaillement, de ressourcement. Et il est bon qu’il en soit ainsi. Maintenant, l’Église doit sortir d’elle-même, elle doit être en état de sortie. Il nous faudrait constituer des petites églises, des ecclésioles, des lieux de fraternité où nous nous rassemblons à quelques-uns, soit pour prier, soit pour du partage, soit pour une action solidaire. Une telle mise en place est à réfléchir ensemble.